Sur les traces de la route de la soie

  • l'équipe beforgo
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  • le 25 janvier 2018
Chine

Sur les traces de la route de la soie

 ©Alfred de Montesquiou

Arte est notre pourvoyeur de belles émissions de voyages aux approches originales. « La route de la soie » est l’une d’elle. Rencontre avec Alfred de Montesquiou, grand reporter, prix Albert Londres 2012, et auteur du livre « la route de la soie », éditions du chène.

Il y a des pays, des traversées où l’on part avec son imaginaire bercé aux récits de l’histoire, mais ce qu’on y découvre peut dépasser toutes nos espérances. En Europe, nous avons toujours été obsédés par l’Asie, ses épices. La route de la soie ou plutôt les routes de la soie étaient des pistes caravanières, des routes économiques, intellectuelles et spirituelles. Se rencontraient les voyageurs, explorateurs, marchands… Des cultures disparates et complémentaires qui n’ont cessé de s’interpénétrer.

Ce documentaire et ce livre passionnants racontent notre monde d’hier et d’aujourd’hui, et démontrent toute la richesse apportée par l’ouverture à l’autre.

Le fil conducteur du périple  : « Où commence l’Orient et où finit l’Occident? ».

Un compagnon de route, le livre de Marco Polo, « le devisement du monde ».

Quand a commencé votre goût des voyages ?

À 16 ans, je suis parti en Grèce, puis à 18 ans, en Syrie avec 1000 francs en poche. Je suis resté 2 mois sur place. L’appel du voyage, je l’ai toujours eu. J’ai grandi entre l’Angleterre et les États-Unis dans une famille qui m’a appris à regarder le monde non pas comme un étranger mais comme une famille élargie. J’ai commencé l’arabe à Hypokhâgne, j’avais en quelque sorte passé un pacte avec mon grand-père arabisant. Je parle arabe couramment. À Science Po, j’ai obtenu la bourse Max Lazard avec laquelle j’ai traversé le Sahara en compagnie des Maures.

Vous êtes un aventurier

J’ai toujours pensé qu’il fallait que j’ai un métier. Le métier à la croisée de l’aventure et de l’écriture, mes deux passions, est le journalisme. C’est ainsi que j’ai embrassé la profession. De 2004 à 2015, j’ai été reporter de guerre. J’ai couvert le Moyen-Orient sur ses blessures et fêlures. Aujourd’hui, j’ai envie de plus d’humanité, d’un autre rapport avec les gens et le temps, je suis passé au documentaire.

Ce reportage, vous l’écrivez en introduction de votre livre, a changé la vision de votre métier

À bientôt 40 ans, je me suis demandé à quoi je désire passer mon temps ? J’ai envie d’un journalisme militant et d’appréciation, d’un journalisme de valorisation. D’un point de vue hédoniste, ce documentaire a été tourné dans la région que j’aime le plus au monde. J’en avais assez de n’y couvrir que l’échec humain.

Pour ce long voyage qu’est la route de la soie, comment vous êtes-vous déplacé ?

Nous passions entre 2 semaines et un mois dans chaque pays. Nous avons utilisé tous les moyens de transport locaux, le train en passant par le Yak et le chameau. J’aime beaucoup le train qui permet de rencontrer les gens et d’avoir le temps de se parler.

Vous avez commencé ce périple par l’Iran pour lequel vous avez obtenu vos visas étonnamment vite

Oui,  je n’avais jamais mis les pieds en Iran. Auparavant, tous mes visas avaient été refusés. Il est vrai que pour un reportage à visée culturelle, les autorités iraniennes n’ont pas fait d’histoire. Les Iraniens honorent leur passé. Ce pays est fascinant, subtil et complexe. Les Iraniens sont érudits, et sont fiers de leur culture perse. Le zoroastrisme* est valorisé et bien vu par le gouvernement. C’est le peuple le plus cultivé que j’ai rencontré. Ce voyage m’a conforté dans l’idée que la conversation entre les peuples est intarissable et sans obstacle.

Quelle a été votre plus grande surprise, votre coup de coeur ?

Sans nulle doute, Tachgorgan, une vallée secrète à 4000 mètres d’altitude entourée de  falaises situées en Afghanistan, auTadjikistan… L’épicentre de la route de la soie. Les tadjiks sont chinois mais ressemblent à des européens. Ils se disent les descendants d’Alexandre le grand. Il est très compliqué d’y séjourner, on doit posséder un laisser passer des autorités chinoises.

Que pensez-vous de cette autoroute commencée par la Chine qui reliera l’est à l’ouest ?Quel futur pour l’Asie centrale ?

 

Ce projet est pharaonique. Il coûte 1000 milliards de dollars. Il va servir à désenclaver le Xinjiang   et permettre le transport des hydrocarbures de l’Asie centrale vers la Chine. Pour moi, il ne pollue pas le paysage. L’autoroute traverse des étendues tellement vastes. Elle sera la nouvelle route de la soie version 21ème siècle. Rappelons que la route de la soie a fait sortir le meilleur des civilisations. L’européocentrisme est remis en cause car c’est la Chine qui est au coeur de cette route, c’est elle qui produisait la soie.

 ©Alfred de Montesquiou

Je recommande d’aller faire un tour dans la gare d’Ürumqi, la capitale du Xinjiang, immense, elle montre l’importance des échanges de voyageurs sur ce territoire.

les coulisses du reportage

9 mois de tournage segmentés en fonction du climat et de la géographie

1/ l’Iran car l’obtention des visas a été rapide. C’est rare pour un pays où les journalistes ne sont pas vus d’un très bon oeil par le gouvernement.

2/ L’Asie centrale en plein été, des températures avoisinant les 47°, une épreuve physique qui montrent la résistance des voyageurs du passé.

3/ La Chine : un mois de voyage. La Chine de la démesure.

4/ La Turquie au mois de novembre.

et enfin le dernier round, Venise tourné en décembre 2016.

L’équipe se composait d’un producteur artistique, d’un chef opérateur, un ingénieur du son, un réalisateur et d’interprètes.

Réalisateur Xavier Lefebvre.

*Zoroastrisme

religion monothéiste de l’Iran ancien, célèbre pour ses tours du silence (sépulture pour les morts)

 

Et vous, où voulez-vous aller?


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    Merci pour cet article qui ouvre de nouveaux horizons et donne envie de prendre la route! J’ai trouvé intéressante l’idée que le projet d’aménagement routier soit une route de la soie version 21ème siècle… En tous cas, je dis oui au mélange de cultures et au fait de s’enrichir mutuellement 🙂

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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